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La Figue au Mas d’Azil

Le figuier était, chez les hébreux, un symbole pour l’étude de la Bible, parce que, parait-il, les graines sont réparties dans toute la pulpe de la figue (contrairement à la pomme), et donc que un peu comme la Bible, le moindre petit bout de verset peut être vraiment fécond pour nous si nous le plantons dans notre existence.
Bouddha méditait à son ombre et resta sept ans dans une forêt de figuiers.
En Indes", le figuier est consacré à "Vishnou".
L’imposant figuier des pagodes l’arbre du monde qui joint la terre au ciel. Dans toute l’Asie du Sud-Est, il est peuplé de génies et un symbole de puissance et de vie.
Dans le "Coran", il est cité aussi : "Par le figuier, par l’olivier, par le mont Sinaï..."

Dès le Moyen Age, le figuier est présent dans toutes les campagnes du Sud Ouest. Le Mas d’Azil joua un grand rôle dans le développement de ce fruit puisque dès le XVIIIème siècle, d’importants marchés de la figue se déroulèrent au cœur du village.

Pour mener à bien les récoltes une partie était destinée au séchage, uniquement pour les familles durant l’hiver : les surplus étaient commercialisés vers les marchés toulousains, commerce très rémunérateur.
Dans une source de 1860, on peut lire que dans les marchés très animés du village, on pouvait observer des jeunes paysannes portant des corbeilles de fruits dont beaucoup contenaient de la figue. Dans la vallée de l’Ariège il va s’agir surtout de figue reine ou verdale qui a une chair blanche et une peau jaune claire.

Pour en connaître l’origine, il faut remonter aux XVII et XVIIIème siècle, où une zone de production fruitière s’étend de part et d’autre du Plantaurel. Ce sont donc des pêchers, pruniers, figuiers qui vont occupés les coteaux ensoleillés. Ces fruits vont cohabiter avec la vigne ; pendant longtemps les deux espèces vont être associées dans toute la région.
Michel Chevalier site dans son ouvrage « La vie humaine dans les Pyrénées Ariégeoises », les sources d’une enquête de 1725 qui montre qu’il y avait des fruits en grande quantités sur le flanc sud du Plantaurel. Le Mas d’Azil serait donc restait jusqu’au XIXème siècle, un important marché fruitier, rien qu’en 1857, le village voisin au Mas d’Azil vend pour 12 000 francs de figues aux marchands toulousains.
Mais les origines des marchés fruitiers du Mas d’Azil seraient encore plus anciennes puisque d’après toujours le même auteur se sont les moines de l’abbaye au Moyen Age qui aurait défrichés et installés des jardins en terrasses. Lorsque l’abbaye, qui se trouvait au niveau de l’actuel stade, fut détruit les villageois continuèrent à cultiver les vignes et tout les fruits dont ils disposés pour ensuite les vendre sur des marchés locaux ou plus loin.

A ce moment là, les figues les plus cultivées dans la région et qui font la renommée du territoire sont :

  • La figue reine ou verdale :
    D’une grosseur moyenne, elle a une chair blanche et une peau jaune clair. C’est celle-ci la plus appréciée puisqu’on la voit en grande quantité dans les corbeilles des marchés. La seule exigence de cet arbre fruitier est un terrain pas trop sec puisqu’il est assez robuste et ne souffre pas pendant les périodes rudes de l’hiver.
  • Figue martinique :
    cette espèce aime les sols riches, fertiles et frais et mûrit à partir de septembre et octobre. Celle-ci est très précieuse du fait de son abondance et de sa grosseur.
  • Le figuier Castex, de Marseille :
    Ce figuier est beaucoup cultivé et apprécié par les vignerons qui le font sécher très souvent. Il se développe sur une terre argileuse et fertile, et produit de nombreux jets qui servent à sa multiplication.
  • Figue de Jérusalem :
    C’est un fruit de première qualité et d’une grosseur importante mais qui demande beaucoup de chaleur et donc très sensible aux gelées et au froid des hivers.
  • Figue Col de Signor ou d’Espagne :
    C’est une espèce très rare et donc très précieuse qui arrive sur le tard à la fin septembre.

Ces cultures disparurent peu à peu pour laisser place à des pâturages et a des zones planes vers le milieu du XIXème siècle. N’étant plus entretenues les cultures disparaissent donc, les murs de pierres sèches soutenant les terrasses sont détruit.

En octobre 2001, 55 figuiers ont été planté dans une figueraie sur les hauteurs du Mas d’Azil, à Brusquette, le long du chemin de randonnée du Mesplé. Regroupant ainsi un nombre important de variétés différentes, la plantation est entourée de murettes en pierres sèches restaurées. Voici une présentation des variétés de figues plantées à la figueraie :

  • Figue de Marseille ou Blanquette :
    C’est une figue à la couleur verdâtre avec une pulpe rose foncé et un parfum prononcé.
  • Grise de Tarascon :
    Elle est surtout cultivée pour sa production de figues fleurs.
  • Figue longue d’Août :
    C’est une grosse figue de forme allongée avec une couleur légèrement dorée.
  • Figue de Soliès :
    C’est un fruit rond de très gros calibre avec une couleur violette.
  • Madeleine des deux saisons :
    Il s’agit d’une figue blanche qui résiste aux climats rigoureux. Sa production peut se faire au printemps (faible) ou en automne (abondante).
  • Gentil Bianca :
    Fruit rond avec une peau jaune verdâtre et une chair plutôt blanche
  • Figue d’or :
    C’est un gros fruit allongé, sa production est très importante en automne.
  • Figue barbentane :
    Cette variété est bleue en forme d’oignon où la chaire est délicatement sucrée, elle arrive à maturité en septembre et octobre.
  • Figue noire de Carombe :
    Comme son nom l’indique c’est un fruit noir de forme allongé qui arrive généralement à maturité en automne.
  • Pastillère dite de bordeaux :
    Cette figue est assez grosse et rouge, sa particularité est de très bien se conserver au frais après sa cueillette en octobre.

Aujourd’hui la fête de la figue est un grand rendez vous annuelle qui attire le temps d’un weekend de nombreux touristes. Les associations du village ont remis ce fruit au gout du jour, dans le but de faire revivre une tradition ancienne comme on a pu le voir précédemment. Aujourd’hui il s’agit plus d’un marché artisanal et gourmand qui met en avant les savoir-faire locaux.